Les Aglamiettes

26 août 2017

La vie va si vite, si vite...Pierre Louki

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29 septembre 2016

Histoire de fous...

 

 

Il se prend pour Van Gogh il n’a plus toute sa tête
il s’est coupé l’oreille il peint des tournesols
A Sainte Anne Vincent explique à sa palette
Je ne veux plus jamais porter la camisole
Allez donc la passer à ce fou de Gauguin
Lui qui est fou à lier lui qui est fou à lier
Et Vincent crie jusqu’au jusqu’au petit matin
Puis il s’endort enfin au bord d’un champ de blé

Vous qui n’êtes pas fou
Pour qui vous prenez vous

Le voisin de Vincent élu sous la coupole
Ecrit les Misérables il signe Victor Hugo
Il écrit des poèmes qu’il lit à Pierre ou Paul
Et Pierre ou Paul lui disent que c’est beau que c’est beau
Il répète souvent sur le ton de la peine
Les gens les gens heureux n’ont jamais eu de chaînes
N’ont jamais eu de griffes n’ont jamais eu de dents
Ces paroles de Victor elles font pleurer Vincent

Vous qui n’êtes pas fou
Pour qui vous prenez vous

L’Curé d’Ars pète les plombs Il crie j’veux qu’ça fristouille
Dans ma ville dit l’Curé y a des cuisses de grenouilles
Dans tous les p’tits restos J’les veux à ma façon
Avec une pointe d’ail ah putain que c’est bon
L’curé d’Ars est sonné à cause du Zipanzol
Victor il est tout seul il écrit son roman
Vincent s’est endormi près de ses tournesols
Un pimpon d’ambulance annonce un arrivant

Vous qui n’êtes pas fou
Pour qui vous prenez vous

Le nouvel arrivant se prend pour Dieu le Père
Dans son portable il parle il parle au Saint Esprit
Avec le curé d’Ars ils sont déjà compères
Mon fils en vérité je vous je vous le dis
Avec une pointe d’ail ah putain que c’est bon
Dieu le Père aime bien les cuisses de grenouilles
Le Saint Esprit s’étonne de cette drôle de bafouille
Puis il donne à tout l’monde l’bon Dieu sans confession

Curé Victor Vincent j’oubliais Dieu le père
En quittant vos délires revenez-vous sur terre
Pleurer votre galère devant votre miroir
Comment peut-on savoir comment peut-on savoir

 

LENI

 

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Martin en vacances!

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J'ai fait un montage de plusieurs fotos de Martin cet été...MAIS...

je suis incapable de bloguer cette petite merveille.

 

Ce n'est pas tout:

J'ai un texte et une chanson de leni"Histoire de fous" mais je vais avoir les mêmes difficultés!!!

Ce n'est pas grave; L'essentiel est que Martin soit superbe et que les copains écrivent des chansons...

je reviendrai peut-être si je trouve des solutions;

 

BOn ouiquenne à tout e monde

Aglaé Vadet

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Marlène Tissot vraie et forte comme toujours...

 

 

zzz

 

When I’m sixty four

Il me parle de ses élèves, les autres, et je me demande s’il me regarde simplement comme une élève ou s’il parvient à m’imaginer autrement, à m’imaginer nue dans son lit. Il me parle de choses et d’autres, la météo, la politique, la couleur étrange des yeux de son chat, les horaires de bus, les affiches de cinéma. Il me parle comme s’il tentait de construire un mur de mots entre lui et moi. Les mots, même épais, ne me font pas peur. Ils se traversent d’un battement de paupière.
Il se tait quelques instants, balaye le paysage du regard, la rue, les passants, les platanes, les oiseaux, nos tasses de café sur la petite table en faux marbre. Il sourit au serveur puis glisse précautionneusement ses yeux dans les miens en prenant soin d’effacer son sourire. Il me dit « Quand j’aurais soixante quatre ans, tu en auras à peine trente. », comme on prévient un enfant, en espérant le décourager, qu’il aura mal au ventre s’il mange trop de bonbons. Je hausse les épaules parce qu’il est tout à fait possible qu’il n’atteigne jamais soixante quatre ans ni moi trente. Parce qu’il est tout à fait possible qu’il se passe quelque chose entre nous. [Life is a Beatles song #9]

 

Marlène Tissot

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27 septembre 2016

Toile d'aglaé de la même époque que l'étuve au Moyen äge" ci dessous...

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Sujet piqué à la prétresse de l"Art Brut!

Je mets quelques explications en com.

ce grand tableau appartient au bon Docteur Brunet très amateur de ce style si particulier...

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26 septembre 2016

Almodovar et moi...

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J'ai regardé Volver hier soir pour vérifier ce que Ludi m'a dit dernièrement:

- les couleurs de tes tableaux me font penser à celles des films d'Almodovar!

 

Et c'est un espagnol pur jus(de grenade) le Ludi

A vous de voir...

 

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25 septembre 2016

Les cairns du Bout du Monde ont été peints et c'est beau! envoi d'Anne Vadet

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aglaé vous prévient...

La nouvelle de Pepito, directement sous ces quelques mots est un peu longue, un peu trop pour figurer sur un blog;

Mais elle est tellement bonne que je tente le coup!

Bonne lecture pour une soirée de Dimanche!

 

BONSOIR

Aglaé

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Pepito raconte Cupidon...bouleversant!

Le retour de Cupidon-PEPITO ! (nouvelle version)

 

cupidon

 

 Si à la St Valentin elle te prend la main, vivement la St Brigitte…

 

 

 

Dans la plupart des amours,

il y en a un qui joue et un autre qui est joué.

Cupidon est avant tout un petit régisseur de théâtre. 

- Nietzsche -

 

 

 

C’est Luc, il me semble, qu’a eu cette idée. Tout le monde a été d’accord, évidemment, c’était tellement énoooorme ! Même si Marie a trouvé un truc à redire :

- Le problème c’est que nous sommes sept, et sept c’est pas un nombre pair. 

Faut le reconnaitre, Marie a toujours été callée en math et pour le coup, elle n’avait pas tort. Pas que le nombre total gênait, mais nous étions quatre garçons pour trois filles et, ça, pour un week-end Saint-Valentin, c’était un sacré problème...

Heureusement, Luc n’était jamais à court d’idées.

-  C’est simple, un des garçons va jouer le rôle de Cupidon et désigner les couples !

J’ai dû soulever un sourcil dubitatif, surtout quand les autres ont tous approuvé avec un enthousiasme tonitruant. Emporté par l’élan, Thomas a enchainé :

- Il ne reste plus qu’à tirer au sort le garçon qui va jouer Cupidon.

Aïe, je le sentais pas bien le coup du tirage au sort. Depuis quatre mois que je faisais partie du groupe, la loterie a rarement été en ma faveur. Au début j’ai cru à une sorte de bizutage, mais il a fallu que je me rende à l’évidence, j’avais un sacré manque de veine. Chaque fois qu’une corvée se profilait à l’horizon, genre ranger les habits de scène, faire répéter son texte à un quidam, aller chercher des bières en milieu de soirée,… on tirait au sort et c’était pour ma pomme. Mais si c’était le prix à payer pour faire partie de la bande la plus glamour du département Arts Dramatiques et Théâtre de la Fac, cela en valait largement la peine.

Un peu de brouhaha pour fêter la toute nouvelle idée géniale et Thérèse s’est désignée d’office pour plouffer entre les garçons… Sans la moindre surprise j’ai été nommé, et haut la main, grand lauréat du prix Cupidon ! Aussitôt chacun s’est précipité pour m’aider dans ma tâche. Cécile a voulu me faire un déguisement doré,  Sébastien a proposé de me prêter son arc de chasse, Marie avait une paire d’ailes en stock… ajoutez à tout ça mon physique de petit gros joufflu frisé et j’étais parti pour, le soir de la Saint-Valentin, être le Cupidon le plus réaliste que la Terre ait jamais porté. 

Le matin du 14 février nous nous sommes tous entassés dans la camionnette du père de Luc : six places assises, plus une, en vrac, dans la malle. Nous n’avons même pas fait appel au hasard, je suis allé direct prendre place au milieu des sacs à dos, à provisions et autres tentes à déploiement automatique. Thérèse et Sébastien, assis à l’arrière, on quand même trouvé curieux que je sois au fond, alors que j’étais le seul à savoir où nous allions. Cécile et Thomas, au milieu, ont approuvé en rigolant. Luc, Marie à son coté, a répondu qu’il serait tout aussi sympa de se transmettre les instructions façon téléphone arabe. Cécile et Thomas, au milieu, ont re-approuvé en se marrant et nous voilà parti pour le lac de l’oncle Joseph.

Ha oui, j’aurais peut-être dû commencer par ça. En fait, c’est au moment où je décrivais le restaurant de mon Tonton, perdu dans les montagnes, au bord d’un lac avec une île arborée toute mimi au milieu, que Luc a eu l’idée de cette petite fête. Alors que moi, je ne voulais que leur raconter comment, l’été d’avant, j’avais construit un radeau pour aller du débarcadère du restaurant jusqu’à une plage de l’ile… Il arrive parfois que les choses s’enchaînent de drôle de façon.

Bref, hormis le fait que l’arc de Sébastien me labourait les cotes à chaque virage, le voyage a été sans histoire et nous sommes arrivés sur le parking du restaurant en milieu d’après-midi. Un salut rapide à l’oncle Joseph, tout surpris de me voir, et tout le monde s’est précipité sur le radeau, direction l’île du milieu.

A peine débarqués, nous avons déployé trois tentes biplaces : plop-plop-plop ! Plus une autre, plus grande : plooop ! Cette dernière fut pompeusement baptisée « Temple de Cupidon » et nous y avons entassé, en plus de mon sac de couchage, matériel et provisions. Ensuite, les filles se sont fait un malin plaisir de me déguiser en chérubin ailé. Une heure plus tard, nous étions tous autour d’un grand feu, à décapsuler force canettes de bière : pssiit ! pssiiit ! et re-pssiit !  Même Thérèse, qui normalement ne bois-jamais-parce-que-elle-peut-pas-vu-qu’après-elle-est-toute-malade. Vers minuit, nous en avions éclusé un sacré paquet, assis plus ou moins en rond et ronds, à prévoir un autre monde, à délirer sur un peu tout. La discussion a évidemment dérivé sur l’amour. Marie toujours aussi fleur bleue :

- Pour moi, l’amour, c’est quand un couple regarde dans la même direction.

- Non, là tu confonds avec la levrette, a paraphrasé Luc, ovationné par les garçons.

Ce que j’étais bien, là, sous le ciel étoilé, entouré par la bande de potes la plus adorable que l’on puisse imaginer… C’est à ce moment-là que Luc s’est redressé, a pris Cécile par l’épaule et d’un air conquérant, a déclaré qu’il était temps pour moi de remplir mon rôle d’entremetteur. J’ai dû le regarder avec une drôle de tête, tant j’avais oublié mon attifement doré et mon arc lanceur de sort. A côté de moi, par contre, Sébastien a réagi au quart de tour.

- Hé, tu nous fais quoi là ?! Tu vas pas nous la jouer, mâle dominant, par hasard ? Cécile est à moi !

- Mon pauvre Sébastien, tu ferais bien de cuver ta bière, lui a répondu Luc. Pour pouvoir choisir, il faut en avoir les moyens. Tu voudrais pas demander son avis à Cupidon, tant qu’à faire ?

Entre les vapeurs d’alcool et l’absurdité de la scène, je n’ai pas bougé d’un millimètre. Paralysé ! Sébastien n’a rien répondu. Il s’est levé, a machinalement ramassé l’arc et le carquois et s’est éloigné de quelques pas, boudeur. Marie a alors essayé d’arranger la situation :

- Hé les gars, arrêtez vos bêtises, on est ici pour s’amuser. Sébastien, je t’en prie, reste avec nous !

- Laisse-le, a rétorqué Luc. C’est un enfant gâté, il faut qu’il apprenne un peu à vivre !

Curieusement Cécile ne semblait pas malheureuse d’être la pomme de discorde, elle a même laissé échapper un petit gloussement guilleret. Sébastien s’est arrêté, a posé le carquois, s’est retourné et, sans un mot de plus, a décoché une flèche en plein dans la poitrine de Luc : tchac ! Il s’est ensuite légèrement tourné vers moi et a dit :

- T’as vu Cupidon, plein cœur !

La scène semblait comme arrêtée… plus un bruit, si ce n’est le choc mou du corps de Luc s’affalant sur le sol. Puis Cécile s’est mise à hurler, une vraie sirène. Sébastien s’est baissé, a tranquillement ramassé une deuxième flèche et dans le même geste, l’a décoché au jugé… tchac !

Cécile s’est tue. L’empennage dépassait juste un peu au-dessus de son arc de Cupidon, elle avait l’air d’avoir éternué une plume. Elle s’est écroulée à son tour, le visage tourné vers le feu. Là, pour le coup, la scène s’est animée. Tout le monde s’est levé d’un coup en hurlant.

Thérèse s’est retournée pour partir en sprint du côté des tentes. Mauvaise pioche, elle a chopé le trait entre les omoplates, tchac !  et s’est affalée sous l’auvent du Temple de Cupidon. Le temps que Sébastien se baisse pour saisir un nouveau projectile, Thomas a hésité un seconde. Il a regardé vers Marie, restée aussi immobile qu’une statue - une statue avec une sacrée danse de Saint-Guy, quand même – et s’est précipité vers le sous-bois tout proche. La flèche qui lui était destinée s’est plantée, vibrante, dans un jeune chêne, stoonggg !  

Marie a enfin trouvé la force d’articuler :

- Séb… Sébastien, arrête qu’est-ce que tu fais ? Tu ne vas p…

Tchac ! 

Là c’est moi qui l’ai pensé. Plein cœur !

Comme je ne devais pas représenter un problème immédiat, Sébastien m’a ignoré pour se lancer à la poursuite de Thomas. Il m’a semblé judicieux de profiter de sa distraction pour aller faire un petit tour.

M’éloignant du feu, j’ai plongé dans la nuit noire. Rejoindre le restaurant de mon oncle à la nage était impossible, l’eau était trop froide. Le seul moyen d’échapper à la crise de folie de Sébastien était de retrouver le radeau. Tout en avançant plus ou moins à tâtons, je surveillais la direction approximative prise par les deux autres. J’avais un avantage, je connaissais bien cette île, ce n’était pas leur cas. J’en eu la confirmation quelques secondes plus tard, en voyant briller la lumière d’un téléphone. Thomas devait essayer d’appeler des secours. Peine perdue, pas le moindre réseau au milieu de ce lac de montagnes. Par contre, dans la nuit, la lumière d’un portable se repère à grand distance. Une seconde plus tard, j’entendis un tchac ! suivi d’un haaargh ! et vis la petite lumière virevolter avant de disparaitre. Je continuais d’avancer, me sentant de plus en plus seul...

Sous mes pieds, des galets roulèrent en s’entrechoquant. J’étais arrivé sur la plage. Sur ma droite, à la faible lumière des étoiles, je reconnu la forme sombre du radeau. Encore quelques pas, le temps de détacher le bout d’amarrage de son arbre et je poussais sur l’embarcation de toutes mes forces. Entre la vase et le poids de l’engin, pas facile de le faire bouger. Il a enfin décollé, deux pas d’élan et j’ai sauté sur la plateforme.

- Tss, tss, Cupidon, on cherche à s’envoler ?

Accroupi sur le plancher de bois, curieusement, j’ai d’abord pris conscience du ridicule des deux ailes blanches dans mon dos, puis mes mains se sont mises à trembler. Désespérément, je cherchais une solution, rien ne venait, alors je me suis retourné. Sébastien était dans l’eau jusqu’aux genoux, arc tendu, flèche pointée sur ma poitrine. Emporté par son erre, le radeau s’éloignait lentement de la plage.

- Tu vas revenir bien gentiment vers moi, sinon je vais t’épingler comme un…

Je ne saurais jamais à quoi j’étais censé ressembler. Il a soudain basculé en arrière, sa tête disparaissant sous l’eau dans une gerbe d’éclaboussures… splatch !  Il m’a fallu une fraction de seconde pour comprendre que son pied s’était pris dans une boucle de l’amarre. Je me suis d’abord précipité sur la perche, avec l’idée saugrenue de pousser le radeau vers le large. Lui barbotait, affolé, essayant de libérer sa cheville d’une main, sans pour autant lâcher son arme. J’ai enfin réalisé qu’il ne servirait à rien de s’éloigner de la rive s’il restait accroché au radeau. Avec des gestes mal assurés, j’ai levé ma perche pour tenter de l’assommer. Il a vu mon mouvement, a pris appel sur le fond du lac de sa jambe libre et, le torse remontant au-dessus de l’eau, il a tendu son arc. Au sommet de son élan, ma perche l’a arrêté, net. Ça a fait chtong !  sur son crâne. Pas suffisant fort, pourtant, pour masquer le tchac !  de sa flèche pénétrant dans mes chairs.

J’ai suivi la douleur, regardé l’empennage dépassant au-dessus de ma hanche droite. Au moins je l’avais empêché de viser juste. J’ai cherché Sébastien dans le noir, mais je n’ai rien vu, rien entendu. Le sang commençait à tacher mon habit doré, il fallait faire vite. Serrant les dents, j’ai repris la perche et poussant d’une seule main, j’ai fait avancer le radeau vers les lumières du restaurant. De l’autre rive du lac, me parvenait le brouhaha étouffé de voix joyeuses, surement des fumeurs en train de griller une cigarette sur la terrasse.

Je ne sais pas exactement à quel moment Sébastien s’est détaché. Ce qui est sûr, c’est que je ne l’ai jamais revu.

 

***

 

Cela fait un bon moment que je poireaute, tout seul, assis devant le bureau du lieutenant Legendre. Pas méchant le bonhomme, mais depuis plusieurs jours que je le côtoie, il commence à me fatiguer avec ses questions. Voilà au moins quatre fois que je raconte l’histoire par tous les bouts. La première fois j’étais encore à l’hôpital, le bide couvert de pansements. Je ne sais pas ce qu’il veut exactement, j’ai l’impression qu’il cherche une explication à la folie de Sébastien…

Si c’est ça, il est pas arrivé…

La voix de Legendre résonne dans le couloir, il termine une conversation au téléphone et entre dans la pièce, un dossier sous le bras :

- Excusez-moi, j’attendais une information pour éclaircir un point précis, dit-il en s’asseyant. Il pose son dossier sur le bureau, en tapote la couverture d’un air distrait, puis lève les yeux sur moi.

- Savez-vous de quoi est morte votre amie Thérèse ?

- Heu, ben… elle s’est pris une flèche… non ?

- Hmmm… j’ai là son rapport d’autopsie. D’après le légiste, elle est morte asphyxiée... noyée par son vomi suite à un coma éthylique… la flèche l’a transpercée post-mortem.

Meeeerde ! Même morte, Thérèse cherche encore à me jouer un tour…

- Ben là, heu… lieutenant,  je ne sais pas trop quoi vous dire…

- Je m’en doute, vu que vous avez déclaré qu’elle a été touchée de dos, en pleine course. Mais il y a autre chose… Ce matin, un de mes collègues est allé jeter un œil chez votre oncle. Il vient de m’appeler, savez-vous ce qu’il a trouvé sur une étagère du restaurant ?

- Heu… je ne sais pas trop, des casseroles je suppose ?

- Pas seulement. Il a aussi trouvé un trophée de champion régional de tir à l’arc… avec votre nom gravé sur le socle.

Le lieutenant Legendre me regarde un instant, droit dans les yeux, puis reprend la parole :

- Il me semble que vous avez encore des choses à me dire.

Marrant, il me dit ça sur le ton d’un curé cherchant la confession. Ce n’est pas trop mon truc et surtout, il m’est difficile de tout lui raconter. Certains souvenirs sont trop… personnels.

Je nous revois encore autour du feu, à rire, à discuter de tout de rien. Cécile était à ma droite, Thérèse s’était déjà allongée sous l’auvent du Temple de Cupidon. C’est vrai, elle n’a jamais supporté l’alcool. Secouée par les salves de rire, petit à petit, Cécile s’est décalée vers moi. A un moment, sa main a touché la mienne. Je me suis immobilisé, me demandant si c’était fait exprès, n’osant rompre le contact… Sentant mon trouble, elle s’est tournée vers moi, la tête légèrement penchée sur le côté, le regard par en dessous. Quand elle a serré ma main, j’ai senti mon visage s’empourprer, mes oreilles devenir brulantes, j’ai attribué ça aux vapeurs d’alcool. Elle a souri, carrément, j’ai dégluti, péniblement. Statue au cœur hoquetant, j’ai attendu la suite. Elle m’a encore regardé quelques secondes, bien en face, et s’est approchée, lentement, une moue délicieuse sur les lèvres. J’ai résisté le plus longtemps possible, me régalant de son visage. Au dernier moment j’ai fermé les yeux, tendu mes lèvres vers les siennes. Je ne sais si c’est le laps de temps, trop long ou les rires, trop forts, j’ai soudain relevé les paupières. Cécile s’éloignait déjà pour rejoindre Luc et vous étiez tous là, à me regarder, tordus de rire. Pire, Thomas, portable à la main, venait d'immortaliser ma déconfiture.

J’étais si contrarié que je me suis levé sans même m’en rendre compte, j’ai avancé de quelques pas, m’éloignant du feu. Mes oreilles bourdonnaient, très fort, je n’ai pas entendu la dernière raillerie de Luc. Juste l’éclat de rire général qui a suivi. Je me suis retourné, vous étiez tous autour du feu, gorges déployées, à me dévisager…

Le lieutenant toussote. Mes souvenirs s’envolent et je me ressaisi. C’est vrai, il attend toujours sa vérité. Je reprends à voix basse :

- Heum… Vous savez, quand j’ai gagné ce concours de tir à l’arc, j’avais à peine dix ans. Nous n’étions que deux ou trois participants de mon âge, ce n’était pas vraiment un exploit. Après tant d’années, il ne m’en reste pas grand-chose.

Pour le reste, lieutenant, je dois vous avouer ma… lâcheté. Quand les flèches se sont mises à siffler, je me suis jeté au sol et j’ai fermé les yeux. Jusqu’à mon départ vers le radeau je n’ai rien vu, juste essayé d’interpréter les bruits et les cris, de deviner le déroulement de la scène… et pour Thérèse, manifestement, je me suis trompé.

Legendre s’agite sur son siège. A la tête qu’il fait, je réalise qu’un tout autre scénario avait pris forme dans sa tête. Un scénario où mon rôle était bien différent, l’impression qu’il se voyait déjà en train d’arrêter un serial killer. Au fond il ne lui restait qu’un point crucial à confirmer : étais-je un gars assez dur pour m’embrocher, moi-même, une flèche dans le bide ? Manifestement, il n’a pas la moindre idée du mal que cela peut faire…

Il tourne encore un moment autour du pot et finit, à contrecœur, par se contenter de ma déposition. Je signe ou il me dit de signer et, après une ultime poignée de main, je prends congé.

Quelques minutes plus tard, solitaire, je m’éloigne à pieds du poste de gendarmerie. Depuis ce jour funeste je me sens abandonné... désespérément seul. J’étais si heureux avec vous tous, vous étiez mes héros ! Pourquoi, mes amis, pourquoi m’avez-vous fait ça ?

Certes, vu de l’extérieur je pouvais passer pour un souffre-douleur, celui que vous moquiez en permanence, jusqu’à me faire tenir la chandelle pour vos agapes de la St Valentin. Mais pour moi, tout cela n’était que blagues potaches, un simple jeu… du moins jusqu’au faux baiser de Cécile.

Car cette dernière moquerie m’a fait très mal, trop mal. Pour fuir la souffrance et la honte, je me suis éloigné du feu de camp. Mais la crécelle de vos rires gras continuait de me vriller les tympans. C’était atroce, cela ne semblait pas vouloir cesser. Protégé par la pénombre, j’ai voulu me boucher les oreilles. C’est à ce moment que j’ai pris conscience de l’arc dans ma main.

La suite a été étrangement fluide. Sans trembler, j’ai ajusté le carquois autour de ma taille, serré le bracelet sur mon avant-bras, passé le gant trois doigts. Dès que j’ai soulevé l’arc, les réflexes sont revenus, mes pieds ont pris la position au carré, j’ai encoché, plume coq à gauche, trouvé l’allonge idéale…

Luc, toi le beau gosse aux blagues si drôles, tu es bien obligé de le reconnaitre… tu avais largement mérité d’ouvrir le bal. Sur ta poitrine j’ai imaginé un blason, juste après la décoche j’ai pensé :

- Plein Noir ! Pour un Cupidon d’opérette, je n’ai pas perdu la main.

Puis ce fut toi, ma Cécile, nunuche si fière de son joli minois… tu croyais peut-être à une erreur de tir ? Non… j’étais bien placé pour savoir que, dans ton cœur, une flèche n’aurait pas d’effet. Alors j’ai un peu forcé l’allonge. Sous le choc de l’enferron ton visage s’est déformé, un vilain rictus, accentué par les lueurs dansantes du feu quand tu es tombée dans les braises… moins joli ton minois maintenant.

Pour les autres, j’ai entendu vos protestations et je suis d’accord, vous n’aviez pas mérité un tel sort. Seulement voilà, quand le vin est tiré…

Marie, la sainte nitouche, toi qui minaudait perpétuellement « Oh, c’est pas sympaaa ! », tout en te marrant à chacune de mes mésaventures. Même avec une flèche dans la poitrine, tu n’y croyais toujours pas… et pourtant.

Thomas, si prévisible. Il a suffi d’attendre dans le noir, sans bouger, que tu allumes ton téléphone pour te repérer. J’en avais besoin de ton portable, je ne voulais pas que ta dernière vidéo fasse le tour du monde… tu me comprends, n’est-ce pas ?

Haaa, et Thérèse… quand je t’ai retourné du bout du pied, j’ai regretté que tu ne te sois pas réveillée, je voulais que tu profites pleinement de tes derniers instants. Dans la nuit, j’ai cru que tu cuvais ta bière, je n’ai pas vu le vomi, et puis j’étais pressé. Sébastien avait disparu depuis un bon moment. Au fond, c’est toi qui as eu la plus belle mort. Etouffée et épinglée… un vrai papillon de collection.

Sébastien, toi, le grand sportif à l’arc de chasse ! Toi, mon coupable idéal ! Tu as bien failli me fausser compagnie… Tu étais déjà sur le radeau, fébrile, prêt à partir… juste que tu avais oublié la perche sur le rivage. Quand tu m’as entendu, tu n’as même pas osé te retourner. A genoux sur la plateforme, suppliant, tu t’attendais à ce qu’une flèche te transperce. Comme tu as dû être surpris, quand le coup de gaule t’a fait éclater le crâne…

Ensuite j’ai lassé le bracelet à ton avant-bras, passé le gant à ta main droite et serré les doigts de la gauche sur le grip de l’arc. Puis je vous ai balancé, toi et ton matériel, au milieu du lac. Sans oublier de garder une flèche pour ma mise en scène finale. Je n’avais plus qu’à finir de traverser pour rejoindre le restaurant de mon oncle.

Voilà mes chers amis, maintenant je suis seul, mais nous sommes quittes. J’espère que vous ne m’en voulez pas trop d’avoir modifié le déroulement de notre soirée Saint Valentin…

Au fait, comment avez-vous trouvé mon interprétation de Cupidon... splendide, non ?

 

***

 

PS : Désolé, je n’avais pas assez de place, en haut, pour l

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Messe pour la Paix...Karl Jenkins

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23 septembre 2016

Aglaé Vadet..bonne idée de Soeur Gudule"...commerce inattendu avec la Chine!!!

 

cornette

le buffet, jour de la Sainte Xavière...

 

Les Petites Sœurs de Sainte Xavière en Bassinois constituaient une modeste communauté très catholique dont le diocèse n’était pas peu fier. Certains d’entre nous, les plus âgés, se souviennent de leurs robes noires en drap épais et de cette large coiffe blanche si singulière. Un jour, j’ai confondu l’une d’elle, de loin, avec un plombier portant un lavabo sur sa tête Aujourd’hui, les sœurs sont vêtues d'un uniforme gris tristounet et d’un voile assorti, imposés par un Vatican mysogine à toutes les congrégations.

 

Les bâtiments conventuels dataient du dix neuvième siècle. Sobres, sans intérêt, mais entretenus avec le plus grand soin. Ils abritaient une trentaine de cellules pour les moniales au rez-de-chaussée, et au premier étage, deux grands ateliers. Là, on fabriquait divers objets dont la vente, chaque année, à la sainte Xavière, équilibrait bon an, mal an, les finances toujours chancelantes de la communauté. Ce jour là, les religieuses préparaient des gâteaux secs, très appréciés, à l’exclusion des pets de nonnes dont la mère supérieure avait interdit la confection.

 

Sœur Gudule, imaginative et gaie mais tellement stricte d’allure qu’on avait peine à croire qu’elle avait suivi les cours des Beaux Arts avant son noviciat. ,assumait la responsabilité des ateliers. Elle avait pondu quelques années auparavant un projet gentiment fantaisiste où des ailes de papillons finement collés sur un support de liège, figuraient la robe de la Vierge, le turban de Joseph et la barboteuse de l’enfant Jésus. C'était surprenant. Plusieurs années de suite, le stand « papillons » avait cartonné comme disait Gudule en privé!. Les plus jeunes sœurs de la communauté, les petites frangines comme disait Gudule, en juin et juillet, se faisaient une joie de chasser les indispensables papillons, brandissant bien haut leurs filets, retroussant leurs jupes, et gambadant comme des petites folles dans la campagne. Elles étaient plus ou moins escortées par la vieille sœur Aglaé qu’une arthrose de genoux rendait un peu lente et souvent ronchon.'Aglarthrose' comme on disait méchamment! Ensuite, avec un peu d’éther, on euthanasiait les petites bêtes avant de les épingler bien à plat sur du papier hygiénique. La mère supérieure détestait qu’on verse une larme sur la mort des papillons.Restaient, après le montage des Jésus-papillons les dernières finitions avant le grand jour. Gudule s'en chargeait dans la bonne humeur, en fredonnant derrière le dos de la Mère supérieure:

« Pour Sainte Xavière

Pinceaux dans un verre...Ou dans l'derrière, en souvenir des beaux arts!

Comme Picasso

La colle dans un pot »

 

Avec l’emploi intensif des insecticides ,les papillons se raréfièrent, puis disparurent. Le bénéfice de la vente manqua cruellement à nos sœurs. Un autre projet naquit après que sœur Gudule eut fait une retraite de huit jours dans un monastère voisin où le recueillement total et la bien maigre chère propulsaient les âmes ainsi allégées, à une hauteur vertigineuse .

De retour à la maison mère, Sœur Gudule entretint la mère supérieure de sa nouvelle trouvaille :

  • Ma mère dit-elle, je brûle de vous soumettre quelques idées nouvelles pour la fête annuelle de Sainte Xavière.

  • Je vous écoute, ma fille, et d’autant plus attentivement que le niveau de nos réserves financières est si bas que nos vœux de pauvreté seront très faciles à suivre cette année.

  • Je vous apporte donc le dessin à peine terminé d’un Enfant Jésus au maillot. Comme vous voyez, il mesure environ quinze centimètres, le maillot et le capuchon sont d’un seul tenant, le visage de Jésus est tourné vers le ciel, et un ruban doré, croisé sur le corps de l’enfant, maintient doucement le vêtement.

  • C’est très joli, sœur Gudule. Dites moi ce que nous pouvons faire de cette esquisse.

  • Je sais, ma mère que vous ne répugnez pas devant les techniques modernes, quand elles sont au service de notre maison bien-aimée…

  • Bien sûr, bien sûr, continuez ma fille…

  • J’ai donc pensé réaliser en terre, par modelage, cet enfant jésus. Puis je le ferai cuire dans un four, par un potier, à une température convenable. Ensuite, il faudra adapter un moule très précis de la statuette, et ,à partir de ce moule, nous obtiendrions autant de Jésus qu’il nous en faudra pour la Sainte Xavière.

  • J’entends la cloche de la chapelle qui nous appelle. Allons prier le Seigneur de nous guider vers de bonnes décisions ,aussi bien pour le salut de nos âmes que pour les problèmes matériels auquels nous sommes confrontés sur cette terre.

  • Je vous rejoins, ma mère, et je serai de toute façon, votre fille obéissante.

  • Soeur Gudule pensait en effet que l'Art et la Gaierté n'ôtaient rien, au contraire, à sa vocation.

 

Dans les couloirs un peu frais qui desservent les cellules, eut lieu, le soir même la suite de cette conversation.

-Vous m’appelez, ma mère ?

  • Oui, Gudule . Pendant la prière, à la chapelle, et je m’en confesserai, je me suis demandée comment nous y prendre pour obtenir les enfants Jesus à partir des moules ?

  • C’est une technique très simple et très connue, ma vénérée mère. Le moule est coupé en deux, chaque moitié est remplie d’une résine fine à l’état liquide et, lorsque la résine est suffisamment durcie, on démoule les Jésus ,les demi- Jésus pour être précis, que l’on réunit par un encollage invisible apres un polissage soigneux.

  • Merci ma fille. Dormez bien.

 

C’est ainsi que le projet des Jésus en résine vit le jour. Monsieur l’Archevêque, mis au courant, promit d’honorer de sa présence la fête de la sainte patronne et les petites sœurs se mirent joyeusement au travail. Entre terre, modelage, résine, colle, les ateliers bourdonnaient en permanence. Les cuissons nécessaires pour réaliser ce qu’on appelle un biscuit à une température de 7OO degrés étaient faites au village, dans le grand four du potier. Deux sœurs parmi les petites frangines, désignées pour cet office, portaient et rapportaient les précieux objets dans un grand panier que prêtait en ronchonnant la petite sœur préposée à la cuisine et qui ressemblait elle- même à une grosse religieuse du patissier.

 

Quand vint la Fête de Sainte Xavière, presque cent Jésus de quinze centimètres, d’un joli blanc cassé, une empreinte dorée entourant délicatement les langes de l’enfant, posés sur un velours bleu ciel, attiraient tous les regards vers le stand numéro neuf. Le succès fut immédiat. Mis à part quelques erreurs de caisse ,du au nouvel Euro encore mal intégré par les visiteurs, et malgré les frais d’investissement dans le matériel,le bénéfice dès cette année là, fut assez joli.

 

L’année suivante, tout en s’y étant pris très à l’avance, nos religieuses,Gudule en tête, furent débordées de travail. Elles offraient au Seigneur le temps passé dans les ateliers au delà des trente cinq heures par semaine prévues par la règle de la communauté. La vente des Jésus dépassa toutes leurs espérances. Les visiteurs, plus nombreux d’année en année achetaient les statuettes pour offrir à leurs amis et décorer la crèche de Noël. C’était un véritable engouement, un peu comme on avait vu la mode des nains de jardin quelques années auparavant. Une religieuse assurait fermement la comptabilité du monastère et malgré sa discrétion proverbiale, le bruit courait un peu partout, que les caisses étaient pleines. Comme le toit de la cathédrale était en mauvais état, Monseigneur était aux petits soins auprès de notre prieure.

 

L’année suivante, Sœur Gudule retourna faire une retraite. Cette fois ,il fallait trouver, non pas une nouvelle idée ,mais plutôt la bonne façon d’ exploiter la précédente. Les pauvres petites sœurs, exténuées, ne pouvaient plus faire face à la demande.

 

La prieure et Gudule discutèrent soir après soir, avant de rejoindre leurs cellules et prirent leurs décisions en grand secret. Personne ne leur posa de questions, bien entendu.

 

Au printemps, à la date où généralement les soeurs se mettaient au travail, la mère supérieure dit simplement qu’on n’ ouvrirait pas les ateliers cette année. Ce fut la stupéfaction. Si chacune échafauda des hypothèses, ce fut dans le secret de son cœur. On approchait de la Sainte Xavière, les stands furent repeints comme d’habitude, on réalisa les pâtisseries et les confitures habituelles. le temps était magnifique cette année là, on avait presque oublié les Jésus en résine.

 

Or, un matin, quand les nonnes empruntèrent comme de coutume le long couloir qui conduit des cellules à la chapelle, elles virent, posées à terre, une dizaine de grandes caisses fermées sur lesquels on pouvait lire en grosses lettres rouge : 

 

« FRAGILE »

 

Et en plus petites lettres:

 

« Made in China »

 

Aglaé Vadet

 

 

 

 

 

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22 septembre 2016

Sans tambours et Pompette...Agla:Tam/ Ann...Le tableau est chez Tam maintenant...

 

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20 septembre 2016

leni...Un texte qui me touche...une foto arrachée avec peine après des années d'effort...

Gaston1

 

 

Tête en friche

18 09 16

Ligny

Tête en friche et regard lointain

S’en va vers où il n’en sait rien

Il suit la foule qui le promène

La chance parfois le ramène

Mais ce n’est pas toujours le cas

Tant mieux pour lui si  tu l’escortes

En le guidant jusqu’à sa porte

C’était la coutume autrefois

 

Pensionnaire d’un banc du square

Il nourrit des pigeons ramiers

Tête en friche est un solitaire

Il finit par tout oublier

Avec un ramier sur l’épaule

Avec son chien les genoux

Il vous dit écoutez les saules

Le vent les fait chanter pour vous

 

C’est sur ce banc ce banc du square

Que dans un cahier à spirale

           Il écrit un peu son histoire

Son histoire sentimentale

Sa vie s’accroche comme lierre

A ces pierres du temps d’hier

Entre ses rides d’aujourd’hui

Se dissimule son oubli

 

Tête en friche et regard lointain

S’en va vers où il n’en sait rien

Il suit la foule qui le promène

La chance parfois le ramène

 

gaston ligny

 

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18 septembre 2016

LIz...Salut l'artiste! Et...Salut Edward Albee absent depuis hier...

Cette femme là

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Vous envoie à tous les diables
Ou ronronne plus près plus près
geint à corps et à cris
Prête à sombrer dans sa nuit

Soit prend tout à la légère
Rigole sous son parapluie
Soit blessée par un seul cri
Deux larmes tremblantes aux lèvres

N’accepte ni tu ni vous
Affirme jamais, jamais,
La douleur qui la tenaille
Ne la confie à personne

Bien capable de mêler
Vieux mensonges et vérités
Une vraie femme versatile
Impassible ou chavirée
D’un seul battement de cil
Aimante, mal aimée, aimée…

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15 septembre 2016

Henri Pichette...un fameux style!

 

Le Duo d’Amour Fou

 

La scène est au soleil de midi, l’été, entre plaine et forêt.

 

Le Poète : Le lit des choses est grand ouvert. Je me suis endormi, pensant que c’était trop beau et que la terre s’échapperait. Je craignais tout des ventilations absurdes d’une nuit en colère. Les matins me fustigeaient. Je vivais crédulement. Sourcier infatigable, je cherchais l’Orifice originel, premier ouvrage par où passer la tête et crier au Soleil.

J’ai trouvé ! Je confectionne sur mesure une amoureuse. Ma femme sera mon paysage sensuel, le diorama de mon âme. Le monde s’est embelli. J’aspire littéralement l’avenir. La clarté du jour m’assiste. Je grimpe à l’échelle de corde de l’enthousiasme. O c’est plus que jamais l’heure des diamants érectiles !

Les alentours se métamorphosent. De coutume le cœur de la biche ne boule pas ainsi, l’eau a moins de charme, les oiseaux ne tombent pas si verticalement sur le ciel, l’air n’offre pas sa charpente avec autant de pompe ou de vigueur.

Je vois enfin le plus beau frisson de l’arbre. Et le silence a trop vite plongé son glaive dans la pierre pour que je ne devine rien : Tu es là.

 

L’Amoureuse : Je t’aime.

Le Poète : Je t’ai vue de toutes parts. Je n’osais décoller tes lèvres du poème. Il y a tant de choses qui nous invitent aux festins de la terre. Toi présente je n’ai plus que ta vérité pour sauver les mots de leur honte. Je voudrais pouvoir me taire. Or pourquoi ai-je toujours une question à poser ?

L’Amoureuse : Dis-moi.

Le Poète : A quoi reconnais-tu que je t’aime ?

L’Amoureuse : A ta volonté. Et toi ?

Le Poète : Au plaisir que tu as à m’obéir.

L’Amoureuse : Ne suis-je point ta femme ?

Le Poète : Il est vrai. Tu te donnes fière, fine, florissante, agenouillée, rejetée en arrière, arche harmonieuse d’où les serviteurs fous de lumière s’envolent ; étale, pour tracer à la langue les routes fraîches qui mènent au cri.

L’Amoureuse : Quand il fait jour je pense à la nuit

Le Poète : et la nuit je fêle ta voix, je m’initie à ton parfum, tes seins fermissent, tu tires mes yeux

L’Amoureuse : et tu me frises et me tutoies avec des gants.

Le Poète : Je tords la joie de vivre. Je te visite entière. Je t’irise. A mon aise je t’incendie.

L’Amoureuse : Tu me parcours

Le Poète : C’est alors que j’oublie le revers des villes, le souci de vivre au milieu des flèches. Je retrouve intacte mon enfance. Je jouerais des siècles avec tes boucles. Je t’emmènerai au Pays des Manières limpides. Je t’accrocherais un cristal de neige éternelle au corsage. Tu choisirais tes lacs, tes rives, tes chaînes de montagnes. Tu commanderais ton ciel, ta saison, les robes des lendemains. Pour toi, sur les chemins de ronde, nous sortirions minuit de nos poches et nous ferions du feu.

L’Amoureuse : Comme je t’appartiens ! Tu as le sens des mouvements qui me grisent, et la diction d’un fanal. Mes flots se teintent. Tu renverses l’azur en moi. Tu jalonnes mon ventre d’ifs tout allumés. C’est la fête. Je t’accompagne. Nous descendons au ralenti un escalier de pourpre, je me voile dans l’écume, le vent se lève, tu t’effaces devant les portes, où suis-je ? Mais tu ne réponds pas, tu m’inspires des flambeaux de passage, tu déplies soigneusement la volupté, tu détournes ma soif, tu me prolonges, tu me chrysalides et je suis de nouveau élue. Alors je danse, je danse, je danse ! comme une flamme debout sur la mer ! les paupières fermées. Je suis nue, j’en ai conscience et je te remercie parce que la fin de la folie est imprévisible. Tu échafaudes des merveilles. Tu me crucifies à toi. Je suis bien.

Laisse-moi te dire : j’ai besoin d’être voyagée comme une femme. Depuis des jours et des nuits tu me révèles. Depuis des nuits et des jours je me préparais à la noce parfaite. Je suis libre avec ton corps. Je t’aime au fil de mes ongles, je te dessine. Le cœur te lave. Je t’endimanche. Je te filtre dans mes lèvres. Tu te ramasses entre mes membres. Je m’évase. Je te déchaîne

Le Poète : Je t’imprime

L’Amoureuse : je te savoure

Le Poète : je te rame

L’Amoureuse : je te précède

Le Poète : je te vertige

L’Amoureuse : et tu me recommences

Le Poète : je t’innerve te musique

L’Amoureuse : te gamme te greffe

Le Poète : te mouve

L’Amoureuse : te luge

Le Poète : te hanche te harpe te herse te larme

L’Amoureuse : te mire t’infuse te cytise te valve

Le Poète : te balise te losange te pylône te spirale te corymbe

L’Amoureuse : l’hirondelle te reptile t’anémone te pouliche te cigale te nageoire

Le Poète : te calcaire te pulpe te golfe te disque

L’Amoureuse : te langue le lune te givre

Le Poète : te chaise te table te lucarne te môle

L’Amoureuse : te meule

Le Poète : te havre te cèdre

L’Amoureuse : te rose te rouge te jaune te mauve te laine te lyre te guêpe

Le Poète : te troène

L’Amoureuse : te corolle

Le Poète : te résine

L’Amoureuse : te margelle

Le Poète : te savane

L’Amoureuse : te panthère

Le Poète : te goyave

L’Amoureuse : te salive

Le Poète : te scaphandre

L’Amoureuse : te navire te nomade

Le Poète : t’arque-en-ciel

L’Amoureuse : te neige

Le Poète : te marécage

L’Amoureuse : te luzule

Le Poète : te sisymbre te gingembre t’amande te chatte

L’Amoureuse : t’émeraude

Le Poète : t’ardoise

L’Amoureuse : te fruite

Le Poète : te liège

L’Amoureuse : te loutre

Le Poète : te phalène

L’Amoureuse : te pervenche

Le Poète : te septembre octobre novembre décembre et le temps qu’il faudra

 

 

 

 

 

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13 septembre 2016

Brabant et la poésie...

oiseau

Brabant

Brabant

 

 

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Fontevraud...deux photos...

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11 septembre 2016

"Fouillis"... de agla...fournitures de Martin!

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Fouillis

 

on aura tout vu cette année

trop d'hiver et trop peu d''été

y a des torts des deux cotés

savoir en prendre et en laisser

cancan par çi cancan par là

karma chakras perlimpimpin

rhubarbe au gingembre

pommes et boudin

 

sur les phrases chavirées de chagrin

bien grater le texte surtout

une lame gilette rase les mots

sans en faire un drame illico

sous le bouquet de ratures fraîches

ni recyclé ni japon luxe

papier nature juste comme il faut

 

petit matin un peu patraque

mêli mêlo tohu bohu

faudrait savoir ce qu'on veut

un beau poeme une belle image

du dessert ou du fromage

délectation monsieur madame

a qui mieux mieux à qui miam miam

bon point de vue bon coin de vie...

les blablas déglingues du croquenote

faut les lire pour apprécier

faut chaque fois les sussurer

les marmonner

les déguster...

 

fouillis2

agla

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10 septembre 2016

Foto de notre médaillée olympique!!!

le fur

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